L’existence d’un lien de cause à effet entre l’utilisation de nettoyants ménagers en spray et le risque de développer de l’asthme n’a pas été mise en évidence.
DETIC souhaite réagir à l’édition de plusieurs articles de presse qui semblent établir un lien direct entre l’utilisation d’aérosols et le risque de développer de l’Asthme.
Ces articles se basent sur la récente publication d’une étude “The use of household cleaning sprays and adult asthma: an international longitudinal study” par Zock et al. dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine et, en Belgique, dans le journal du médecin.
DETIC prend les résultats de cette étude très au sérieux. En effet, les auteurs observent une relation entre l’usage fréquent de produits nettoyants en spray et le développement d’asthme à l’âge adulte. Mais en aucun cas, ils ne déclarent que l’utilisation des sprays et aérosols provoque l’apparition de cette maladie. Il ne s’agit pas d’une relation de cause à effet.
D’autre part, l’étude comporte des imprécisions, voir des paradoxes, qui en limitent grandement la portée scientifique et qui doivent être clarifiés :
- les résultats sont en contradiction avec certaines des données épidémiologiques. En effet, en Angleterre où ce type de nettoyant en spray est fortement utilisé, on constate une diminution du risque asthmatique alors qu’en Norvège où l’utilisation de ces produits est relativement faible, on constate une augmentation.
- durant leur usage, les produits d’entretien ménagers sont inévitablement associés à la présence de saletés et de poussières, un important facteur de risque pour l’asthme. Or, l’exposition aux poussières et à d’autres facteurs environnementaux comme notamment la fumée de cigarette ne sont pas pris en compte.
- les critères utilisés dans l’étude pour enregistrer les nouveaux cas d’asthme sont très légers, par exemple : déclaration spontanée sur base des symptômes et/ou prise de médicaments qui peuvent avoir d’autres indications.
- l’étude établit l’exposition aux produits d’entretien uniquement à partir des réponses à un questionnaire portant sur les habitudes d’utilisation. Elle ne comporte aucune mesure scientifique de l’utilisation des produits et de l’exposition aux produits. Le questionnaire est uniquement focalisé sur le nombre de jours durant lesquels le produit est utilisé par semaine et ne pose pas la question du temps d’utilisation. En conséquence, il est impossible de faire la distinction entre les personnes qui utilisent un produit d’entretien plusieurs heures en une journée par semaine des personnes qui utilisent une très faible quantité de produit tous les jours.
- une étude épidémiologique de ce type ne peut que suggérer une corrélation mais ne peut établir de relations de cause à effet.
La plus grande prudence dans l’interprétation est donc de rigueur. L’asthme est une maladie sévère et contraignante. Son approche mérite le plus grand sérieux scientifique. Les études épidémiologiques, comme celle-ci, qui rassemblent des données statistiques sont d’interprétation très délicate. Certains pourraient d’ailleurs conclure dans ce cas que les malades atteints d’asthme utilisent fréquemment des produits de nettoyage car ils sont plus attentifs que d’autres à éliminer les poussières qui provoquent des crises …
DETIC souhaite rappeler que les produits mis sur le marché sont soumis à des exigences législatives très strictes et que la sécurité du consommateur est la priorité absolue de l’industrie dont les produits comportent d’ailleurs des instructions d’utilisation en toute sécurité.
Afin de lever les ambigüités dans l’interprétation de cette étude et d’établir un dialogue constructif entre experts, l’industrie a pris contact avec les auteurs de l’étude.
CONTACTS :
Paulette Halleux - Secrétaire Générale - + 32 2 238 97 65